Les Panthères roses

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Retour sur quelques notions-clés

Attention, bien des termes qui fleurissent en ces temps de campagne électorale sont galvaudés...

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Glossaire
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SÉCURITÉ / INSÉCURITÉ
Au coeur de la campagne électorale de 2002, elle se profile comme la star de celle de 2007. C’est surtout l’occasion de stigmatiser certainEs individuEs par l’évocation de fantasmes populaires, le recours à la peur et l’étalage de faits divers à la "Une" des journaux. C’est ainsi le moyen de prôner des politiques toujours plus racistes et plus liberticides en focalisant l’opinion publique sur la crainte des jeunes et des immigréEs. C’est également un prétexte fallacieux pour renforcer la répression policière, restreindre les libertés et mater les mouvements sociaux.

IMMIGRATION
Les principaux courants politiques traitent, sur les pas de Le Pen, l’immigration comme un "problème". En quoi l’immigration serait-elle un problème en soi ? Pourquoi la liberté de circulation devrait-elle être réservée aux seuls citoyenNEs de l’Union européenne ? Plus ou moins explicitement, l’immigré est désigné comme responsable de tous les maux (chômage, insécurité, bruit, odeur...). Bizarrement, qu’il ou elle soit étrangère ou française, l’immigréE est souvent décrit comme arabe ou noir ou "d’origine", mais jamais américain ou belge... L’aboutissement de cette logique se traduit en 2005 par l’apparition de l’"immigration choisie", loi cynique de Sarkozy centrée sur la rentabilité économique de l’individu, bon à jeter une fois sa "mission" terminée.
Et puis, c’est un peu gonflé quand même de la part des pays du Nord de vouloir restreindre l’immigration après avoir pillé les ressources de l’autre moitié de la planète, non ? Certains voudraient même continuer à voir dans la colonisation un bienfait pour des populations qui selon la république française étaient sans culture avant 1830... Arrêtons de stigmatiser des populations issues de l’immigration, des minorités culturelles et religieuses en niant leur histoire et leur mémoire (cf. Valeurs républicaines).

DROITS DE L’HOMME
Terme obsolète qui doit être remplacé par "droits humains". On pourrait croire que dans le "pays des droits de l’homme", touTEs les humainEs sont égalEs en droit. Que nenni ! Le terme est vidé de sens dans un pays qui restreint le droit d’asile et précarise les droits sociaux, seuls garants de l’autonomie de chacunE (cf. Services publics). L’enjeu des droits humains serait de garantir l’égalité des droits que l’on soit homo, trans ou hétéro, femme ou homme, avec ou sans papiers, qu’on soit malade ou en bonne santé, qu’on soit issu d’un "quartier" ou d’un autre, seul, en couple ou a plus. L’utilisation de termes miroirs comme "égalité des chances" permet de noyer le poisson et de ne surtout pas parler de droits.

SEXISME / LESBO-TRANS-HOMOPHOBIE
Système qui veut faire croire que les hommes seraient supérieurs aux femmes, qu’ils seraient "naturellement" virils et rationnels et que leur "complément naturel", les femmes, seraient douces, maternelles et intuitives. Les trans seraient par conséquent atteintEs d’une pathologie grave, puisqu’elles-ils ne rentrent pas dans ces deux catégories figées. Ce système prescrit également l’hétérosexualité pour touTEs, la reproduction en étant le but ultime. Il stigmatise donc les gouines, les trans et les pédés et touTEs celLEs qui dévient de la norme du couple hétérosexuel reproducteur. Bien obligé de reconnaître que celles-ci existent et perdurent malgré tout, l’hétérosexisme se concentre sur leur maintien comme citoyenNEs de seconde zone exclues du mariage et de la filiation. Il s’assure de leur invisibilité dans les programmes scolaires, dans l’Histoire, dans la sphère publique. Assurer l’égalité des droits et reconnaître la diversité des genres et des sexualités ne changerait rien au taux de natalité et à la "survie de l’humanité" mais permettrait d’éviter que les gouines, les trans et les pédés se fassent régulièrement insulter, déprécier, tabasser, assassiner...

ORDRE
Conception de la société fondée sur l’idée qu’il faudrait toujours plus de règles et d’interdits. Valeur de droite reprise par Royal (ah, l’"ordre juste" !) qui voudrait nous faire croire que ce pourrait être une valeur de gauche. Décliné en mode "moral", "naturel" ou "symbolique", il sert surtout à restreindre nos libertés et entraver nos jouissances. L’ordre est un outil de contrôle social au service des dominants qui en édictent les règles.

INTÉGRATION
UnE bon immigréE serait celui-celle qui fait la preuve de son intégration, c’est-à-dire qui renie sa culture pour ne pas se distinguer d’un modèle national figé, qui lui, refuse tout nouveau souffle. "IntégréE" ou pas, il ou elle se verra néanmoins toujours rappeler qu’elle ou il est avant tout d’origine étrangère... Les exigences d’intégration concernent également celle-celui qui n’a pas la bonne religion, la bonne sexualité, la bonne morale, etc. D’ailleurs, tout regroupement de personnes qui oserait s’affirmer, revendiquer des droits sera taxé de "communautarisme" et donc d’esprit anti-républicain (cf. Valeurs républicaines).

EMPLOI
L’enjeu est de réduire le chômage, pas ses statistiques (radier les gens ne leur donne pas un emploi !). Relancer la consommation n’y changera rien, si l’on ne change pas la répartition des profits. On ne veut pas plus de "valeur travail", on veut vivre mieux ! Renforçons les droits des salariéEs, pas la flexibilité.

SERVICES PUBLICS
Les services ne sont pas faits pour être libéralisés et faire du profit. Ils doivent assurer à touTEs un accès égalitaire à l’éducation, à la santé, à la retraite, à un logement décent, à la culture, etc. La privatisation n’est pas une fatalité et les politiques peuvent s’y opposer. Certains services publics comme l’armée et la police ont pris beaucoup trop d’importance. Leurs budgets seraient utilement répartis dans les services précités.

FAMILLE
Présentée comme la "cellule de base de la société", idéalement composée d’un père et d’une mère, mariés, avec des enfants, au mépris de toute autre combinaison possible. Pratique pour remplacer les solidarités collectives de plus en plus privatisées (cf. Services publics)... Mais quand t’es seulE, que t’as pas de famille, ou que t’en veux pas, ou qu’elle t’a foutu dehors, tu crèves ? C’est également le lieu favori de l’expression et de l’apprentissage du sexisme et de la haine des gouines, des trans et des pédés (cf. sexisme/lesbo-trans-homophobie). À droite, « le modèle doit rester celui d’une famille hétérosexuelle : les enfants ont besoin d’un père et d’une mère » (Sarkozy, Le Figaro, 02/09/06). La plupart des partis de gauche sont pour l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe. Qui abolira le-la premierE ce privilège de l’hétérosexualité qu’est le mariage ?

NATALITÉ
Crainte pour le vieillissement de la population, pour la croissance économique, L’Etat appelle à la régénération des forces vives de la nation. Les politiques natalistes ne seraient pas si alarmistes si elles n’avaient pas pour but non avoué de préserver le caractère occidental de la population et la subordination des femmes (cf. Sexisme).

VALEURS RÉPUBLICAINES
Valeurs basées sur les principes de laïcité, "liberté, égalité et fraternité". Principes pertinents (sauf "fraternité" qui serait avantageusement remplacé par "solidarité") si ce n’est que leur utilisation systématique est un prétexte pour faire taire tous ceux et celles qui n’entrent pas dans le moule du dominant (cf. Intégration). Le spectre de la division, du communautarisme, n’est qu’une diversion pour ne pas toucher aux privilèges de l’homme blanc hétérosexuel chrétien riche et en bonne santé.

SEXE / SEXUALITÉS
Absent des politiques. Tabou. Sale. Sacré. L’ordre moral se renforce en France qui chasse les prostituéEs au lieu de chasser leurs souteneurs (cf. Ordre) et aborde la sexualité principalement sous l’angle du couple et de la reproduction. Une éducation non moraliste aux sexualités dans les établissements scolaires dès le collège permettrait à chacunE de se forger une sexualité sans risques, autonome et épanouie. N’y aurait-il pas moins de violences sexuelles, moins de situations de mal-être, moins de comportements à risques, si le sexe était moins tabou ? Quant aux campagnes de prévention du sida et des autres infections sexuellement transmissibles, elles ne sont pas à la hauteur de l’urgence de la situation sanitaire, qui nécessite une réinscription massive et explicite dans les espaces publics de l’usage du latex et en particulier du préservatif.

LUXE
Le luxe pour touTEs !
Pour que ce ne soit plus le privilège des riches.

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