Les Panthères roses

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La différence-des-sexes c’est très très important... pour justifier les discriminations et les inégalités !

tract des panthères roses, 7 octobre 2006

C’est un garçon ! C’est une fille !

Ce sont les premiers mots qui suivent la naissance d’une personne... Notre sexe et notre corps sont immédiatement catalogués « homme » ou « femme ». Ensuite la famille, l’école, la télé, la pub... nous apprennent à être des garçons ou des filles... Et gare à qui ne parvient pas à se conformer au genre qu’on lui assigne (« tu seras un homme mon fils ! »), gare à qui veut changer la donne. La bite ne fait pas le genre... Ne pas se référer à son sexe de naissance et ne pas s’y conformer est considéré comme une transgression suprême de l’ordre moral et symbolique qui repose sur la différence-des-sexes. Cette transgression est sanctionnée par des discriminations d’ordre social et juridique : pas le droit de changer d’état civil sans avoir subi d’opération de « réassignation chirurgicale », pas le droit de se marier, pas le droit simplement de prendre l’avion, de payer par chèque, de retirer un colis à la poste parce que vous avez choisi de devenir un homme et qu’il y a écrit « sexe féminin » sur votre carte d’identité (et vice-versa), pas de politique de prévention et de soins adaptées, notamment pour le VIH...

Paroles d’experts

Dans tous les cas, la parole des personnes concernées importe peu. Seule compte celle d’experts autoproclamés qui se contentent souvent de rappeler - sans autre justification - que la différence des sexes est indépassable. Celles et ceux qui la contestent sont accuséEs d’attenter à la "bonne marche de la société". Toute transformation chirurgicale ou hormonale doit s’inscrire dans un protocole dont l’issue est décidée par des psychiatres imposés. En particulier, les trans, réduitEs à des sujets psychiatriques, ne peuvent disposer librement de leur corps et son priés de se destiner à être hétérosexuelLEs, de vouloir des organes génitaux conformes à leur apparence, et de ne pas se prostituer. Sinon vous n’êtes q’unE perversE, l’hétéromédecine ne peut plus rien pour vous !

Mais pourquoi tant de transphobie ?

Parce que dans notre société le genre c’est sacré. Un homme peut se déguiser en femme s’il garde bien tous ses poils en évidence et s’il chante en même temps de sa grosse voix à condition que cela renforce son hétérosexualité. En revanche que des personnes puissent passer radicalement d’un genre à un autre et ce, de manière définitive, cela n’est jamais envisagé et admis. Une trans continue d’être présentée comme « c’est un homme » dans tel show télévisé (On ne peut pas plaire à tout le monde, 22 janvier 2006). Les trans n’en finissent pas de nourrir les fantasmes et leur exotisation est une des manifestations de cette transphobie ordinaire qui ne dit jamais son nom. La transphobie ? Hein ? Quoi ? Connais pas ! D’ailleurs, le meurtre d’un ou d’une trans n’est pas considéré comme un crime transphobe (cf. Décision du tribunal de Porto dans l’affaire Gisberta, août 2006). ErigéEs en problème ou en question de société qui prête à rire, dans le meilleur des cas, les trans peuvent toujours attendre de voir leur condition changée.

Nous revendiquons :

- la dépsychiatrisation des trans, le droit à l’auto-diagnostic
- le changement d’état civil avec ou sans opération
- le droit de choisir son genre, son corps, son sexe, sa sexualité, sans entraves
- la suppression de la mention du sexe sur l’état civil
- l’accès aux soins pour toutEs, avec ou sans papiers, avec ou sans « moralité »
- des politiques publiques de prévention des IST et du sida qui prennent en compte les spécificités des populations ciblées
- l’asile pour les personnes persécutées en raison de leur genre, leur corps, leur sexe, leur sexualitéet la régularisation des trans sans-papierEs.
- la mise en place d’une politique efficace de prévention de la transphobie, de la lesbophobie, de l’homophobie et du sexisme

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Notre adresse postale : Les Panthères roses - Maison des associations du 10ème - 206 quai de Valmy 75010 PARIS

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